LE CONTEXTE
Singin’in the rain situe son action à un tournant de l’histoire du cinéma : la “révolution sonore” à la fin des années 20.
Au moment où se situe l’action, le cinéma était “muet ”, cela veut dire que dans les salles, les spectateurs voyaient les images mais que les sons qui les accompagnent (dialogues, musiques, bruits…) n’étaient pas perceptibles.
Pour couvrir le bruit de projecteurs qui, eux, se faisaient entendre dans la salle, les films étaient accompagnés au piano dans les petites salles, et par un véritable orchestre dans les grandes, en Europe et aux États-Unis.
Au Japon, un conteur placé à côté de l’écran dans la salle, nommé “ benshi ”, racontait l’histoire, au fur et à mesure. Plusieurs fois, depuis 1895, date d’invention du cinéma, des systèmes avaient été imaginés pour rendre les films sonores.
En 1927, un film, Le Chanteur de jazz (Alan Crosland, 1927), utilise un de ces systèmes. Le succès public est énorme.

A partir de là, très vite, les films ne seront plus tournés sur la seule bande-image mais aussi avec une bande-son. Il faut donc adapter le matériel à la prise de vue (rajouter une cabine-son en particulier) mais aussi à la projection, changer les projecteurs dans toutes les cabines !.
Le bouleversement est immense. Il met en jeu d’énormes sommes d’argent mais aussi des savoir-faire inconnus jusque-là.
Comme le montre le film Chantons sous la pluie, certains acteurs avaient une voix désagréable, d’autres ne savaient pas jouer les dialogues et seront donc éloignés des films.
Plusieurs ont vu leur carrière vaciller par l’arrivée du parlant, comme Buster Keaton.
En revanche, le cinéma américain s’est aperçu que le son, c’était aussi la musique et il en a profité pour faire des comédies musicales. Chantons sous la pluie est héritier de cette tradition et rend hommage à ce changement dans l’histoire du cinéma.
Extrait de la carte postale École et cinéma écrite par Carole Desbarats, éditée par Les enfants de cinéma
LE RÉCIT
En 1927, Don Lockwood (Gene Kelly), star du cinéma muet a pour partenaire Lina Lamont (Jean Hagen), actrice à la voix de crécelle.
Lockwood tombe amoureux d’une jeune comédienne, Kathy Selden (Debbie Reynolds), à qui il propose de doubler secrètement la voix de Lamont dans les films parlants.
Dégager la trame narrative du film et repérer l’imbrication des deux niveaux :
- Une histoire d’amour : décrire l’histoire d’amour réelle entre Don Lockwood et Kathy (rencontre, malentendus, retrouvailles, complicité, déclaration d’amour…). Opposer cette histoire à celle du couple Don Lockwood / Lina Lamont qui s’incarne dans les fantasmes des fans et des magazines people.
- Une histoire du cinéma : nous assistons à la production d’un film à travers ses différentes étapes : muet, parlant, chantant et dansant : c’est à la fois un hommage et une parodie du système hollywoodien.
